14/10/2016 : Information importante : changement de lieu !!! ! Nouvelles places disponibles le 14 novembre 2016 !    

LES RENDEZ-VOUS MANQUÉS AVEC LES SOUFFRANCES MUETTES DES ENFANTS
LES RENDEZ-VOUS MANQUÉS AVEC LES SOUFFRANCES MUETTES DES ENFANTS Lundi 14 novembre 2016 : salle Pleyel

Mardi 15 novembre 2016 : Carrousel du Louvre

LES RENDEZ-VOUS MANQUÉS

AVEC LES SOUFFRANCES MUETTES DES ENFANTS



Suite à un incendie survenu au Théâtre Mogador le 25 septembre dernier, nous nous sommes trouvés devant l'obligation de chercher en urgence un autre lieu.
Face à l’impossibilité de dénicher une salle libre les deux jours, notre congrès se déroulera donc dans deux lieux différents, mais idéalement situés dans l'hyper-centre de Paris.
Le lundi 14 novembre, la capacité de la salle PLEYEL est légèrement supérieure à celle du Théâtre Mogador, ce qui fait qu'il y a de nouvelles places disponibles.

Pour le mardi, la salle ne nous permet pas d'accueillir de nouveaux inscrits.


Les critères que nous avons retenus en priorité ont été les suivants :

  • Suffisamment de places pour accueillir tous les participants déjà inscrits;
  • Un accès facile et rapide en transports en commun depuis les gares parisiennes;
  • Une salle où le spectacle « les chatouilles » pourra être joué.


Le congrès annuel de notre association, qui se tient chaque année à Paris à l’automne, aura lieu les 14 et 15 novembre 2016 au Théâtre Mogador.
Il aura pour thème « les rendez-vous manqués avec les souffrances muettes des enfants ». Comment accéder aux souffrances d’un enfant ou d’un adolescent lorsqu’elles ne peuvent se dire ? Peut-on réparer « après-coup », lorsque l’enfant en souffrance qui n’a pas été reconnu est devenu un adolescent en révolte, lorsqu’il devient parent à son tour, ou lorsqu’il rencontre de grandes difficultés dans sa vie d’adulte ?


QUI N’ÉTAIT PAS AU RENDEZ-VOUS ?

  • Les parents qui n’ont pas vu, pas compris ? Qui, aveuglés par leurs propres problèmes, leur propre histoire, ont été incapables de reconnaître la souffrance de leur enfant ?
  • Les professionnels, qui ont minimisé, dénié, manqué d’outils, de temps, de moyens ?
  • Les enfants, les adolescents, qui ne pouvaient saisir la main qui leur était tendue ?

DES SOUFFRANCES « MUETTES »

  • souffrances impensables ou indicibles, secrets, honte, humiliations, violence (en famille, ou à l’extérieur de celle-ci);
  • souffrances qui prennent racine dans un corps qui ne parle qu’à celui qui a appris à le comprendre;
  • souffrances maquillées sous un voile de « tout va bien », enfouies sous une carapace de révolte, d’indifférence, ou de mépris;

Cette année, notre association fête ses vingt ans d’existence. Une occasion de nous pencher sur ces deux décennies pendant lesquelles nous nous sommes proposés de donner la parole à des professionnels de l’enfance et de la relation d’aide dans le but d’améliorer les prises en charge des enfants en souffrance et, partant, de leurs familles.


CAR VINGT ANS, C’EST AUSSI LE TEMPS D’UNE GÉNÉRATION ….

Vingt ans, c’est le temps qui passe avant que l’on voie parfois revenir, comme parents, ceux que nous avons connus comme enfants …


  • Quels adultes sont devenus aujourd’hui les enfants d’hier ?
  • Quels parents sont devenus ceux qui, comme enfants, ont connu des violences, des ruptures, des injustices ?
  • Ont-ils pu briser le cercle infernal de la transmission transgénérationelle ? Ou au contraire ont-ils déjà perpétué une histoire de ruptures, de violence, ou de drames ?

Les orateurs qui interviendront à notre congrès auront ainsi l’occasion d’aborder avec nous un « rendez-vous manqué » qui a constitué un moteur dans l’exercice de leur profession. Il pourra s’agir d’une problématique jadis ignorée ou sous-estimée, d’une « erreur » commise naguère, de moyens d’intervention qui étaient inadaptés ou insuffisants, des procédures et décisions qui étaient inadéquates, de modes de prise en charge qui n’existaient pas …


La perspective temporelle nous permettra aussi d’aborder les difficultés nouvelles qui surgissent aujourd’hui et qui n’étaient pas imaginables il y a 20 ans.


Enfin, nous nous tournerons ensemble vers l’avenir pour chercher quelles pourraient être les conditions d’un travail au bénéfice des générations futures qui fasse de demain un monde où l’ont vit mieux qu’aujourd’hui …


CE CONGRÈS S’ADRESSE AUX PROFESSIONNELS DE L’ÉDUCATION, DE L’AIDE ET DU SOIN À QUI SONT CONFIÉES DIFFÉRENTES MISSIONS :

  • travail psychothérapeutique avec des enfants, des adultes, des couples ou des familles,
  • aide éducative en milieu ouvert,
  • soutien aux familles précarisées où existent des maltraitances et des négligences,
  • accueil de personnes migrantes souffrant de nombreux traumatismes,
  • prise en charge de personnes marginalisées avec troubles psychiatriques sévères,
  • accompagnement éducatif d’enfants ou d’adolescents en foyer ou en famille d’accueil,
  • intervention au bénéfice d’adolescents en rupture, en révolte, en détresse, ...

CE CONGRÈS PERMETTRA AUX PARTICIPANTS :

  • regarder, écouter, comprendre les souffrances muettes des enfants ;
  • s’approprier des moyens nouveaux pour entrer en relation avec des enfants ou adolescents qui ne sont pas en mesure de mettre des mots sur leur maux ;
  • acquérir de nouveaux repères pour rejoindre dans chaque adolescent révolté et dans chaque parent inadéquat l’enfant qui a été blessé ;
  • mettre en oeuvre des interventions ayant pour but de soulager la souffrance des enfants et leur permettre de mieux grandir …

PLACES DISPONIBLES ! Lundi 14 novembre 2016 - salle Pleyel, 252 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris (8ème arrondissement)

9h30 : Café d'accueil
10h00 : Ouverture du congrès

10h30

BORIS CYRULNIK
Des mots pour voir

Les enfants manquaient de mots pour exprimer leurs souffrances dans un contexte culturel qui enseignait aux praticiens que les enfants ne souffraient pas car leur système nerveux n'était pas fonctionnel. Les parents que la guerre, la précarité sociale ou leur propre histoire rendaient malheureux ne savaient pas voir la souffrance de leurs enfants. Les récits culturels expliquaient que la souffrance était une forme de faiblesse qu'il convenait de punir et non pas d'aider … En vingt ans, le changement de nos valeurs culturelles, étayé par les découvertes en neuro-imagerie, amènent à repenser totalement la souffrance des enfants. Trouvera-t-on les mots pour participer à cette évolution ?

Éthologue, neurologue, médecin, psychiatre et psychanalyste, Boris CYRULNIK scrute l’âme humaine depuis plus de 50 ans. En observateur attentif et passionné, il s’attarde à comprendre comment il est possible de refaire les mailles de vies brisées, de rejouer des destins broyés par de violents traumatismes. Le parcours de Boris Cyrulnik est singulier, et sa pratique se forge au croisement des disciplines. L’homme en constante quête de sens est aussi un auteur à succès, surtout connu du grand public pour ses recherches sur la résilience et sur la mécanique fragile du bonheur.

11h15

STEFANO CIRILLO
L'enfance traumatique des adultes avec des troubles de personnalité

Les intervenants qui s’occupent des enfants qui grandissent dans des situations difficiles (dans des milieux familiaux marqués par la négligence, la maltraitance, voir l’abus ; dans des foyers d’hébergement, retirés à des parents gravement insuffisants ; à l’intérieur d’un conflit conjugal qui ne connaît aucune résolution et les aspire…) s’interrogent toujours sur l’avenir de leurs jeunes patients.
Dans le même temps, les thérapeutes qui prennent en charge des adultes opposants, non demandeurs, et pourtant gravement souffrants, s’efforcent de retracer leur trajectoire de vie depuis leur enfance, qu’ils devinent avoir été tragique.
Stefano Cirillo essayera de trouver des liens plausibles entre les troubles de personnalité à l’âge adulte et l’histoire des liens infantiles, comme outils qui guideraient notre traitement.

Membre pendant vingt ans du Nouveau centre pour l’étude de la famille dirigé par Mara Selvini Palazzoli à Milan, Stefano CIRILLO est actuellement un des co-directeurs de l’école de thérapie familiale qui porte dorénavant le nom de cette thérapeute reconnue internationalement. Il a été également membre fondateur du Centre pour l’enfant maltraité de Milan où il assure aujourd’hui les supervisions des prises en charge familiales. Il est l’auteur, aux éditions Fabert, de « La famille maltraitante » et « Mauvais parents - Comment leur venir en aide ».

12h30 Pause déjeuner (libre)
14h00

XAVIER POMMEREAU
De l’enfant blessé à l’ado en vrille

Les adolescents hospitalisés au centre Abadie sont en grande souffrance et cherchent désespérément à s’en affranchir en multipliant les conduites de rupture (tentatives de suicide, automutilations, mises en danger inconsidérées…). Leur mal-être, ils l’attribuent à des événements conjoncturels (ruptures sentimentales, conflits familiaux, harcèlement scolaire…), sans comprendre que les manifestations de leur détresse sont aussi destinées à être reconnues et explorées. Parmi eux, une jeune fille sur trois et un garçon sur sept ont été victimes de violences sexuelles subies dans l’enfance perpétrées par un membre de leur entourage (famille, voisin, professeur…). A l’heure où leur corps s’enflamme sous l’effet de la puberté, ils ne savent pas que les brûlures de ces souvenirs traumatiques se réactivent et les rendent à feu et à sang, écorchés vifs, sans qu’ils puissent établir consciemment des liens de cause à effet. L’indicible a pourtant souvent « parlé » lorsque enfants blessés ils « se disaient » - non pas à leurs parents, de peur des conséquences – mais à leurs amis, leurs enseignants ou leurs soignants… à travers des signes qui auraient pu être lus. L’auteur se propose de rappeler ceux qu’il faut reconnaître à temps, afin que la parole puisse circuler au lieu de laisser les braises se raviver au temps de l’adolescence.

Xavier POMMEREAU est psychiatre, chef du Pôle aquitain de l'adolescent (Centre Abadie) au CHU de Bordeaux, spécialisé dans la prise en charge des jeunes en difficulté. Ce centre offre des soins spécifiques aux adolescents suicidaires et à ceux souffrant de troubles graves des conduites alimentaires. Il développe avec ses équipes des méthodes thérapeutiques innovantes incluant l'usage des outils numériques. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages, dont « Le goût du risque à l’adolescence» (Albin Michel, 2016).

14h45

PASCALE JAMOULLE
Silences dans les migrations

Les adolescents descendants d’immigrants vivent un délicat processus de métissage socio-culturel : un processus de métamorphose, qui accompagne les migrations et les immigrations, qui crée les conditions d’inter-fécondation des cultures à travers les sujets migrants et leurs descendants. Inscrits dans une histoire migratoire, habités par plusieurs mondes, les adolescents se métissent par essais et erreurs, par oscillations de positions, dans des jeux de tensions inéluctables et continues (Laplantine, Nouss). La pensée métisse est instabilité et déséquilibre. Elle ne donne pas le sentiment de posséder une identité stable, claire, définitive. Elle sollicite constamment la nuance, l’interprétariat interculturel, la créativité conciliatrice, les arrangements évolutifs entre des loyautés contradictoires (Moro, 2002). La richesse et la quiétude des métissages dépendent des transmissions familiales reçues et de la qualité de vie des enfants d’immigrants, des possibles qui s’ouvrent à eux et de la sécurité des relations interculturelles qu’ils nouent. Quand les processus de métissage des adolescents sont marqués par des ruptures généalogiques et culturelles, chaque jeune doit résoudre une équation complexe : comment se métisser quand on ignore quasi tout de l’histoire, de la langue et de la culture de ses parents? A ce silence sur les origines se conjuguent de nombreux non-dits sociaux sur la condition immigrée dans les quartiers populaires.

Pascale JAMOULLE est docteur en anthropologie, licenciée en lettres et assistante sociale. Chargée de cours à l’université de Mons et à l’UCL (Université de Louvain-la-Neuve), elle travaille au service de santé mentale Le Méridien, à Bruxelles. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont « Adolescences en exil » (avec Jacinthe Mazzocchetti, Academia-L’Harmattan, 2011), « Des hommes sur le fil » (La Découverte/Poche, 2008), et « Par-delà les silences : Non-dits et ruptures dans les parcours d'immigration » (la Découverte, 2013).

15h45

CLAUDE SERON
Du dépistage à la clôture : apprendre à lire entre les lignes

A l’occasion du 20ème anniversaire de Parole d’Enfants, Claude Seron se propose de partager les apprentissages significatifs réalisés avec les collègues de son équipe au cours de ces vingt dernières années, dans l’accompagnement des enfants et de leurs familles. Ces nouvelles compétences concernent autant le décryptage des situations de mineurs en danger que le choix des cibles socio-thérapeutiques au cœur des missions confiées par les autorités de l’Aide et de la Protection de la Jeunesse :

  • - Apprendre à décoder les signes cryptiques de souffrance et de danger ;
  • - Descendre de son piédestal, partager la même humanité ;
  • - Nommer les idéations suicidaires, ce n’est pas inciter au suicide ;
  • - Battre le fer quand il est froid, pour que personne ne perde la face ;
  • - Guérir un enfant en soignant son parent ;
  • - Déparentifier un enfant sans ajouter un surplus de culpabilité inutile aux parents ;
  • - Parler à l’agneau effrayé qui se dissimule derrière un masque de loup effrayant ;
  • - Inverser le rapport aidant / aidé en pratiquant la réciprocité ;
  • - Prendre soin des formulations ;
  • - Jeter un pont vers le futur.

Claude SERON est éducateur spécialisé et psychopédagogue, avec une longue pratique du secteur de l’Aide à la Jeunesse. En 1996, il a fondé l’association Parole d’Enfants pour venir en aide aux enfants victimes d’abus sexuels et leur famille, et pour sensibiliser les professionnels et le grand public à cette problématique grave. Il est également l’auteur ou l’éditeur de plusieurs ouvrages sur la thématique de l’enfance en danger. Entre autres, « Don, pardon et réparation. Comment résilier un contrat avec la souffrance » (Ed. Fabert, 2007), « Au secours, on veut m’aider ! Venir en aide aux adolescents en révolte, en rupture, en détresse » (Fabert, 2006).

16h30 Pause
17h00 Spectacle

LES CHATOUILLES OU LA DANSE DE LA COLÈRE

Ecrit et interprété par Andréa BESCOND - Mise en scène d'ERIC MÉTAYER


Quand la vie fait taire les mots, naissent les paroles du corps : Les Chatouilles, c’est le constat d’un combat pour exister, respirer, survivre, se reconstruire et vivre à nouveau. L'histoire insolite d'Odette, une jeune danseuse dont l'enfance a été volée et qui se bat pour se reconstruire. A travers une galerie de personnages joués avec une immense finesse entre rires et émotions, les mots et la danse s'entremêlent et permettent à Andréa Bescond d'emmener le spectateur dans un grand huit émotionnel dont il ne sortira pas indemne.
Eric Métayer dont le talent n’est plus à prouver met cette « Danse de la colère » en scène avec une virtuosité exceptionnelle, créant un équilibre parfait entre texte et chorégraphie. La symbiose de ces deux grands talents nous offre un rare et grand moment de théâtre.

En accord avec Atelier Théâtre Actuel, le Théâtre La Bruyère et le Théâtre Montparnasse


LES CHATOUILLES OU LA DANSE DE LA COLÈRE
18h30 Verre de l'amitié



COMPLET ! Mardi 15 novembre 2016 - Le Carrousel du Louvre, salle Le Nôtre, 99 Rue de Rivoli, 75001 Paris


09h00

PAT OGDEN
Saisir la sagesse du corps : la psychothérapie sensorimotrice pour guérir l'enfant en souffrance

Cette conférence soulignera les limites de la thérapie par la parole dans la prise en charge des enfants. Elle expliquera comment saisir l'intelligence du corps pour aider les enfants qui souffrent de traumas et d'échecs de l'attachement. Des extraits de séances filmées de thérapie d'enfants permettront d'illustrer des interventions de pleine conscience relationnelle, centrées sur le corps, issues de la psychothérapie sensorimotrice, visant à réguler l'activation, à développer des ressources, à promouvoir la résilience et à créer de nouvelles compétences dans une atmosphère de curiosité, de compassion et de découverte.

Conférence en anglais avec traduction consécutive par Jenny Rydberg.

Clinicienne brillante et sensible, engagée auprès de patients de tous âges qui souffrent de leur enfance, Pat OGDEN est docteur en psychologie, pionnière de la psychologie somatique et fondatrice et directrice du Sensorimotor Psychotherapy Institute de Denver (USA). Elle est premier auteur d’un ouvrage de référence enfin traduit en français par les Editions de Boeck (carrefour des psychothérapies) : « Le trauma et le corps, une approche sensorimotrice de la psychothérapie ».

10h15 Pause-café
10h45

CATHY CAULIER
Les enfants n'ont pas le temps d'attendre... grandir avec un parent en souffrance psychique

De nombreux enfants grandissent avec un parent en souffrance psychique. Trop souvent, ils ne rencontrent sur leur chemin que peu d'adultes avec lesquels échanger sur cette situation particulière. Cet isolement, source de solitude et de grande confusion, est à l'origine de leurs difficultés à se débrouiller avec cette expérience. Comment comprendre cette tendance de nombreux adultes, de nombreux intervenants à manquer ce rendez-vous essentiel avec l'enfant? Qu'est ce qui pourrait soutenir le professionnel dans ce mouvement auquel l'invite pourtant l'enfant?

Cathy CAULIER est psychologue et psychothérapeute systémique au Service de Santé Mentale de Saint Gilles et de Louvain la Neuve. Elle est formatrice à l’approche systémique à l’IFISAM et à l’Université Libre de Bruxelles, et enseignante à l’ULB.

11h30

JEAN-PAUL MUGNIER
Ces enfants qui ne tiennent pas en place(ment)

Certains enfants très tôt comprennent qu’ils ne sont pas les bienvenus dans leur famille. Les violences conjugales, les maltraitances physiques, sexuelles, les humiliations, dont ils s’attribuent souvent la responsabilité, leur confirment qu’ils n’auraient pas dû naître. Les services de protection de l’enfance sont alors chargés de la sécurité et de l’éducation de ces enfants qui ne se sentent pas adoptés par leurs parents. Pourtant une question reste très souvent présente à leur esprit : s’ils sont à l’origine de ce rejet, ne pourraient-ils pas, en devenant enfin aimables, conquérir l’amour de leurs parents ? Ce questionnement sera particulièrement intense quand, au nom de principes dogmatiques, est remis en cause leur placement dans l’institution ou la famille d’accueil qui les a vus grandir, le plus souvent à l’entrée dans l’adolescence. Pourtant cette quête de reconnaissance de l’enfant à l’égard de ses parents sera-t-elle suffisante pour que disparaisse la violence fondatrice du lien ? Les parents eux-mêmes pourront-ils porter sur leur enfant un regard nouveau leur permettant enfin de l’adopter ?
Nous proposerons d’aborder ce questionnement durant notre intervention avec le support d’exemples cliniques illustrant les difficultés souvent non résolues que présentent ces situations.

Thérapeute familial et de couples, Jean-Paul MUGNIER dirige depuis plus de 20 ans l'Institut d'Etudes Systémiques à Paris. Sa formation initiale d'éducateur spécialisé l'a conduit à se sensibiliser très tôt aux questions liées à la maltraitance et à s'interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour venir en aide aux enfants victimes de sévices, de négligences comme à leurs parents. Formateur et superviseur, il intervient auprès de nombreuses équipes tant dans le champ médico-social que dans le domaine de la protection de l'enfance. Directeur des collections « Psychothérapies créatives » et « Penser le monde de l'enfant » aux éditions Fabert, il est également l'auteur de nombreux essais et romans parmi lesquels « Les stratégies de l'indifférence », « La promesse des enfants meurtris », ou encore « Le silence des enfants ».

12h30 Pause-déjeuner
14h00

VINCENT DE GAULEJAC
La honte face à la honte

Il y a 30 ans, paraissait la première édition de «la névrose de classe». Cet ouvrage présentait une analyse des conflits liés à un changement de classe, en particulier pour les enfants issus des milieux populaires en forte promotion sociale. Dans les récits de vie recueillis, la honte d’avoir honte de ses parents apparaissait comme un élément saillant et une blessure narcissique cuisante. Trente ans après, le contexte social a bien changé. Qu’en est-il aujourd’hui? Peut-on encore parler de « névrose de classe »? Les sources de la honte sont-elles toujours actives dans les rapports de classe entre parents et enfants?

Vincent de GAULEJAC est professeur émérite à l’Université Paris Diderot, président du réseau international de sociologie clinique, auteur de « La névrose de classe » (nouvelle édition, Petite bibliothèque Payot, 2016) et « Les sources de la honte » (Points Seuil, 2011).

14h45

GAËTAN BRAULT
Les jeunes incasables font-ils du cinéma ?

… Ou comment les réactions des professionnels et des institutions peuvent traduire, de manière indirecte et non verbale, le vécu interne des adolescents. Nous percevons souvent les jeunes incasables par leurs incapacités : ces jeunes n’arrivent pas à écouter, à parler, à dessiner, à mettre en scène, à se souvenir, à ressentir et même à demeurer dans un lieu. Une fois cette impossibilité et cette impasse énoncées, comment est-il possible de définir une capacité qui leur serait propre ?
L’une des hypothèses serait qu’ils utilisent les institutions et les relations entre professionnels comme un écran de cinéma sur lequel leur histoire de cassures et de ruptures serait projetée. Les lieux institutionnels et les professionnels deviendraient les acteurs involontaires d’une fiction complexe et souvent tragique.
Quelques spectateurs avertis de ces phénomènes suffisamment éloignés de l’écran peuvent peut-être retrouver les fils rompus de ce récit. Serait-il alors possible de réécrire un scénario suffisamment ordonné ? Il ne s’agirait plus d’envoyer le jeune « chez le psy » mais de travailler collectivement sur les signes advenant dans le réseau interinstitutionnel : l’absence de communication, la désignation de l’autre comme négatif, l’immobilité d’un groupe, l’éparpillement de l’information etc.
Le récit de vie d’un adolescent diagnostiqué « schizophrénie abandonnique » nous servira de fil rouge. Et, enfin, quelques questions joueront le rôle de perspectives : qui est responsable ? Qui se souvient ? Quel lien avec l’histoire familiale ?

Gaëtan BRAULT est psychologue à la Maison de la solidarité et de la vie sociale de Saint Dié des Vosges. Son expérience professionnelle fut d'abord hospitalière (pédopsychiatrie et pédiatrie) et donc « a priori » curative pendant 10 années. Depuis 2010, Il a choisi de travailler dans un service de la Protection de l'Enfance (Aide Sociale à l'Enfance) pour comprendre comment un placement était construit par les services départementaux. Il est également engagé dans l’Association AFIREM Lorraine depuis 2005 et formateur.

15h45

BERNARD DE VOS
Bande d’inutiles !

L’image univoque et uniforme des adolescents a fait place, au cours des deux dernières décennies, à une image contrastée et hétéroclite. En plus de se confondre avec les autres âges de la vie (on devient « jeune » plus tôt et on le reste plus tard !) la jeunesse recouvre désormais, dans une même entité géographique, des réalités parfois fondamentalement différentes. Si la célébrissime phrase de Bourdieu, qui convient que « la jeunesse n’est qu’un mot », est plus que jamais d’actualité, le mot seul recouvre bien plus qu’une seule réalité et doit désormais s’écrire au pluriel. Ce constat amène à questionner les raisons de cette évolution de « la jeunesse », comme classe d’âge vers « les jeunesses », révélatrice des logiques d’exclusion et de ségrégation : comment est-il possible que, dans une même ville, les jeunes puissent vivre des expériences de vie si différentes ? Quelles sont les questions ontologiques que pose ce découpage imposé d’une tranche d’âges ? S’agit-il d’un apartheid savamment orchestré ou la conséquence de politiques sociales maladroites ? Il est faux de penser que seuls les jeunes « du mauvais côté de l’apartheid » souffriraient de cette ségrégation. La réalité est tout autre. Quelle que soit leur origine, leurs convictions religieuses, leur appartenance socio-économique, tous sont concernés par ce qui a remplacé le salutaire conflit des générations : le conflit interne à leur génération.

Educateur spécialisé et licencié spécial en Islamologie et Sciences Orientales, Bernard DE VOS occupe depuis 2008 la fonction de Délégué général aux droits de l’enfant en Belgique francophone, une fonction qui est née quelques années après la ratification de la Convention internationale des droits de l’enfant (en1991) par la Belgique. Bernard De Vos est de tous les combats : la situation des enfants roms, le décret scolaire, l’accès aux soins de santé, le nombre de places dans les crèches, la bioéthique, l’adoption internationale, la maltraitance et les enfants en danger, les transports scolaires pour les enfants de l’enseignement spécial… Cette variété permet au Délégué général de porter un regard très large sur l’enfance et de créer des liens entre les différents acteurs.

16h30 Conclusions
17h00 Fin



LES TRAVAUX SERONT CLOWNANALYSÉS PAR LES BATACLOWNS (Toulouse)

Informations pratiques


Lieu et dates

THÉÂTRE MOGADOR
25 rue de Mogador
75009 Paris

Suite à un incendie survenu au Théâtre Mogador le 25 septembre dernier, ce théâtre est fermé au public jusqu’en 2017. Veuillez noter le changement de lieu !

  • Lundi 14 novembre 2016 : salle Pleyel (8ème arrondissement) de 10h00 à 18h30

    252 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, France
    Métro : Ternes (ligne 2) ou Charles de Gaulle Etoile (métro 2 – 4 – 6 ou RER A)

  • Mardi 15 novembre 2016 : Le Carrousel du Louvrede 9h00 à 17h00

    Le Carrousel du Louvre, salle Le Nôtre, 99 Rue de Rivoli, 75001 Paris
    Métro : Palais Royal - Musée du Louvre (lignes 1 et 7), sortie "Carrousel du Louvre"






Conditions d'inscription


Coût de l'inscription

Inscription à la journée du 14 novembre 2016 (Salle Pleyel)
Individuelle : 120 EUR ou 130 CHF, par convention : 180 EUR

L'inscription est ferme dès réception du bulletin d'inscription et du paiement (ou d'une attestation de prise en charge fournie par l'employeur). Les annulations de votre part ne font pas l'objet de remboursement. Lorsqu'il y a une liste d'attente, nous vous proposons un arrangement à l'amiable s'il nous est possible de vous remplacer.


Pour les participants français dépendant d'UNIFAF : nous avons informé UNIFAF de notre activité de formation. Veuillez envoyer le formulaire ad hoc à l’OPCA de votre région. N’hésitez pas entretemps à vous préinscrire auprès de nous.

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J’effectue un versement de € sur le compte IBAN : BE37 7755 9056 5828 BIC : GKCCBEBB (depuis la Belgique)
J’envoie un versement de € sur le compte IBAN : BE37 7755 9056 5828 BIC : GKCCBEBB (depuis la France et le Luxembourg)
J’envoie un chèque de € à l’ordre de “Parole d’Enfants” - 57 rue d'Amsterdam, 75008 PARIS (depuis la France)
Mon organisme envoie une attestation de prise en charge (Parole d’Enfants - 57 rue d'Amsterdam, 75008 PARIS ) et règle par mandat administratif (inscription par convention en France) n° d’agrément : 11 75 34 59 875
J’effectue un versement de CHF sur le compte IBAN : CH58 0900 0000 4068 8752 4 BIC : POFICHBEXXX (depuis la Suisse)


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